Mickaël DEPOIX


DisponibilitéEn poste au moment de la rédactionDe deux ans à cinq ansAutreColombiePérou

Mickaël DEPOIX a 44 ans, et vit en couple. Sa compagne est Colombienne.
En 2009, il a pris une première disponibilité pour réaliser un tour du monde. Puis il est reparti en expatriation au Pérou pour une période de dix mois dans une ONG à Arequipa en 2016.
En 2020, il projette de partir en expatriation en Colombie. Son projet est retardé de quelques mois par la crise liée au COVID 19, mais en novembre 2020, il peut prendre l’avion pour Bogota où il est en poste aujourd’hui, au sein du Lycée français Louis Pasteur, en tant enseignant.

Mickaël DEPOIX a 44 ans, et vit en couple. Sa femme est Colombienne.

En 2009, il a pris une première disponibilité pour réaliser un tour du monde. Puis il est reparti en expatriation au Pérou pour une période de dix mois dans une ONG à Arequipa en 2016.

En 2020, il projette de partir en expatriation en Colombie. Son projet est retardé de quelques mois par la crise liée au COVID 19, mais en novembre 2020, il peut prendre l’avion pour Bogota où il est en poste aujourd’hui, au sein du Lycée français Louis Pasteur, en tant enseignant.

Son parcours

À la suite d’une maîtrise en administration économique et sociale et à un DESS « Conseil aux collectivités territoriales en matière de politique de développement et de politique de l’environnement », il réussit le concours d’attaché territorial en 2003.

Il intègre la ville d’Épernay (51 – Marne) dès 2002. Guidé par l’objectif de lutte contre les inégalités et conscient du rôle prépondérant des collectivités territoriales dans ce domaine, il débute sa carrière comme agent de Développement local avant de devenir responsable du pôle Territoires et médiation au sein d’une direction portant les dispositifs de politique de la ville.

Son intérêt pour les concepts de justice sociale et de justice spatiale l’a également amené à développer différents projets à l’international par le biais d’organisations non gouvernementales.

Au Burkina Faso, en tant que responsable associatif bénévole, il met en place des actions de coopération décentralisée avec l’association Épernay Jumelages en lien avec des partenaires associatifs et institutionnels de la ville jumelle, Fada N’Gourma (Région de l’Est). Ces projets portaient sur les thématiques éducation, nutrition, capacitation des acteurs… et visaient plus particulièrement l’enfance et la jeunesse.

 

En 2009, Mickaël DEPOIX prend une première disponibilité pour effectuer un tour du monde.

Lors de ses différents voyages à travers le monde, il cherche à participer à des actions de solidarité. Il a notamment été volontaire dans un orphelinat au Népal durant deux séjours. Cette expérience très instructive l’amène à mieux comprendre la réalité de certaines actions de solidarité. Il perd un certain angélisme et surtout ces expériences l’incitent à réfléchir à cette question simple mais aux réponses multiples : « Comment aider ? » Cette question, il se la pose la première fois en parcourant l’Inde du nord quelques jours avant d’arriver au Népal et elle prend tout son sens dans cet orphelinat où il saisit que les « bons sentiments » et/ou l’envie de faire quelque chose ne suffisaient pas. En effet, comme pour toute activité, tout projet, les conditions de réussite sont à chercher dans la préparation et la réflexion.

 

Puis c’est surtout avec l’Amérique latine qu’il tisse une relation forte :

« Les expériences menées au Népal ou au Burkina Faso m’ont amené à formaliser ce projet d’expatriation dans la solidarité internationale. Durant certains de ces voyages, j’ai eu l’occasion de vivre une relation particulière avec l’Amérique latine, partie du monde qui ne devait être qu’un lieu de passage de mon tour du monde, par méconnaissance et a priori, et dont j’ai appris à aimer la culture et les modes de vie. Ce lien je l’ai également développé en reprenant des études en parallèle de mon poste à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine. »

 

En 2016, après avoir obtenu un master 1 d’études latino-américaines à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine, Mickaël DEPOIX sollicite une nouvelle disponibilité. Il choisit de passer une année au Pérou afin de diriger une ONG intervenant dans le domaine éducatif. Il peut ainsi travailler avec le personnel péruvien et des volontaires venant de différents pays dans un quartier défavorisé de la deuxième plus grande ville du pays, Arequipa. Il y a notamment réalisé un projet d’implantation d’une bibliothèque « El Principito » en lien avec les autorités locales et avec le soutien financier d’ONG espagnole et française.

Le 1er départ

Décider de partir, c’est aussi prendre un risque, en abandonnant la situation qu’on peut avoir pour en chercher une autre. En 2016 Mickaël DEPOIX quitte son poste à Épernay sans savoir quelle activité il va pratiquer sur place. Il choisit le Pérou pour différentes raisons : l’intérêt pour le pays lui-même (sa short-list comprenait : l’Équateur, la Colombie et le Pérou), le contexte économique et social et la possibilité d’y avoir un logement pour débuter ses recherches.

En arrivant sur place, Mickaël DEPOIX cherche à se faire un réseau et prend contact avec les services de l’Ambassade de France. Cela n’a pas été très concluant contrairement à son expérience au Burkina Faso. Mais il trouve une liste des ONG françaises intervenant au Pérou. Il s’intéresse à leurs activités et, en fonction de ces dernières, propose une collaboration.

« J’ai tout d’abord eu une première proposition pour un poste en VSI (volontariat de solidarité internationale) dans une ONG intervenant dans le nord du pays. Un poste en VSI était vraiment très intéressant, surtout au vu de la rémunération proposée, mais les activités à visée plutôt commerciales ne correspondaient pas tout à fait à mes recherches. J’ai alors pris quelques jours de réflexion avant de rendre une réponse négative. »

A la même période, il reçoit un mail d’une autre ONG basée à Arequipa ; ville où il devait se rendre la semaine suivante. « Nous avons alors pris rendez-vous pour échanger sur les activités de la structure. Durant cette visite, j’ai appris qu’une mission se libérait ; mission sur laquelle j’ai proposé ma collaboration car elle était plus en rapport avec mon projet que l’autre. »

Mickaël DEPOIX débute une collaboration avec l’ONG Rayo de Sol. Celle-ci propose des activités éducatives (jardin d’enfants, aide aux devoirs, etc.) aux enfants de quartiers défavorisés dans les hauteurs d’Arequipa. Toute la structure était financée grâce aux bénéfices d’une boulangerie française créée dans les locaux même de la structure et disposant d’une cafeteria dans le centre-ville d’Arequipa. La mission consiste à gérer l’équipe de volontaires et coordonner les activités de la boulangerie et de la cafeteria en lien avec la coordinatrice des activités scolaires.

Le poste étant sous statut de « volontaire », la structure avait connu une instabilité très importante qui s’ajoutait parfois à une certaine inexpérience des volontaires dans la gestion de projet et l’environnement de travail.

Au bout de quelques semaines de fonctionnement, et après en avoir discuté avec la coordinatrice, Mickaël DEPOIX sollicite un rendez-vous avec la présidente de l’association afin de lui montrer les inconvénients de ce fonctionnement notamment sur les prises de décision et le management des équipes.

« La présidente a alors décidé de me nommer directeur, ce qui était plus ou moins la fonction que j’avais commencé à occuper au sein de l’organisation. La stabilité et les compétences que j’apportais ont été un atout dans mon recrutement. Il m’a fallu bien sûr m’adapter à ce nouveau contexte de travail, notamment pour la partie éducative car je ne connaissais pas l’environnement péruvien et tous les échanges se déroulaient en espagnol. »

Le 1er retour

A Épernay, Mickaël DEPOIX n’est pas remplacé durant la première partie de sa disponibilité péruvienne, ses missions étant redéployées au sein de l’équipe. Mais suite à un autre départ au sein de l’équipe, une personne est recrutée pour reprendre une grande partie de ses missions.

La durée totale de sa disponibilité a été de 18 mois, durant lesquels Mickaël DEPOIX est en contact plus ou moins régulier avec sa collectivité. « Trois mois avant mon retour, j’ai sollicité ma réintégration et ai été convoqué à un entretien »

Durant ces expériences à l’étranger, il développe de multiples capacités et enrichie son bagage professionnel. En effet, il a appris à passer du temps pour connaître l’autre, les différents interlocuteurs et partenaires des projets : « on passe trop vite là-dessus en France, mon style de management a été renforcé ». La capacité de gestion interculturelle et d’adaptation est aussi un réel atout (« ne pas être que sur ses acquis »), même si pour sa hiérarchie, il reste un « voyageur ». Sa DGA avait suivi son parcours au Pérou et comme il y avait un besoin et une envie de développer une nouvelle politique jeunesse à Épernay, à son retour, « on m’a proposé un nouveau poste : celui de directeur jeunesse et animation ».

Ces expériences sont aujourd’hui un atout dans la réalisation de ses missions ici en France sur son poste de directeur jeunesse et animation.

Ces différentes missions en ONG ont permis à Mickaël DEPOIX de développer ses compétences en matière d’ingénierie de projet, de partenariat et de management d’équipes qu’il a fait reconnaître en 2020 via une VAE de coordonnateur de projet de solidarité internationale et locale à l’IFAID Aquitaine. Pourquoi cette VAE ? : « avec mon parcours d’attaché territorial, je ne suis pas forcément crédible pour une ONG ». Il souhaitait faire reconnaître ce parcours dans le cadre de son nouveau projet de départ.

En effet, sur les dix ans de disponibilité autorisés dans le cadre de son statut, il n’a utilisé que 2 ½ ans. Mickaël DEPOIX projette de repartir. Sa demande a été validée mais la crise du COVID 19 l’a bloqué en France. Il a pu retarder le début de sa disponibilité avec sa collectivité et attend une nouvelle possibilité de départ. Il prévoit de décoller pour la Colombie avec sa compagne (colombienne).

Le 2nd départ

Mickael DEPOIX est pacsé avec une Colombienne. Profitant d’une nécessité de retour pour sa compagne, il a donc sollicité une disponibilité. Il projette de partir début 2020 (« on avait nos billets pour avril 2020 et ma disponibilité était demandée en conséquence ») mais le COVID cloue les avions au sol durant plusieurs mois. Le départ doit être reporté : « la Ville d’Épernay m’a proposé de reporter ma date de début de disponibilité afin que je mette en place en lien avec l’équipe des Centres sociaux et culturels la garde des enfants de soignants d’Épernay. J’ai alors négocié pour rester jusqu’à la fin de l’été. ». Ce report du début de sa disponibilité en septembre 2020 ce qui lui laisse le temps de prendre différents contacts.

Il a notamment identifié une offre d’emploi au Lycée français Louis Pasteur de Bogotá pour être « professeurs relais », c’est-à-dire pour seconder les professeurs de plus de 60 ans qui, du fait du Covid, ne peuvent venir au Lycée. Il candidate « pour voir » et l’entretien (à distance) se déroule très bien. Il est recruté dès son arrivée, en novembre 2020. Mickaël DEPOIX accepte même s’il cherchait plutôt dans le domaine de la solidarité internationale car il sait « que les opportunités sont limitées en Colombie ».

Comme le monde est en pleine pandémie, les contrats sont des contrats cours (de 3 mois) qui seront renouvelés chaque trimestre ce qui induit une certaine instabilité mais en juin 2021, on lui repropose un contrat cette fois d’un an. Ce contrat est toutefois un contrat local (donc sans aucun des avantages des contrats d’expatrié et avec un niveau de salaire bien moindre). Mais sa femme étant aussi embauchée par le Lycée français, le couple perçoit deux salaires « et du fait du coût de la vie en Colombie, notre niveau de vie reste à peu près semblable à celui de France ».

 

Les enjeux personnels

Mickaël DEPOIX découvre lors de sa première expatriation, au Pérou les modalités souvent fréquentes au sein d’une ONG : « J’habitais dans l’enceinte même de l’association, là où se déroulaient également les activités éducatives et la boulangerie, ce qui fait qu’il m’a fallu gérer le fait de travailler et d’habiter au même endroit, c’est à dire d’être dans un contexte de travail 24 heures sur 24. »

 

Pour sa seconde expérience, cette fois en Colombie, Mickaël DEPOIX ne s’était pas projeté dans ce métier d’enseignant de français Mais le poste de « professeur relais » est intéressant car durant les premiers mois, cela lui permet un apprentissage du métier « j’ai passé beaucoup de temps à travailler, du lundi au dimanche, pour assimiler ce nouveau métier – j’ai senti qu’il fallait faire ses preuves ». Et le Lycée Français lui permet aussi de développer des projets comme un challenge sur l’Activité Physique Quotidienne en lien avec les Jeux Bolivariens ; dispositif, alors en expérimentation, visant à proposer 30 minutes d’activité physique par jour aux élèves et généralisé depuis par le Président Macron. L’initiative est reconnue par la présidence de la République et l’AEFE (voir la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=W1814gVmxUk)  ; il lui est d’ailleurs proposé d’intégrer la Commission sport de la zone Amérique latine nord.

 

Mickael DEPOIX arrive quelques semaines avant sa compagne à Bogota. Il connaît déjà un peu la ville et sait où chercher. En visitant les réseaux sociaux des Français en Colombie, il identifie un couple qui cherche un « coursier » pour ramener un document officiel de France. Il se propose et le couple lui offre l’hébergement à Bogotá la première semaine. Il a ainsi le temps de trouver une location (« il y a beaucoup d’offres ») avant l’arrivée de sa compagne et le début de son contrat au Lycée français.

En dehors des collègues du lycée français, Mickaël DEPOIX est peu avec la communauté française de Bogotá. Il a repris contact avec d’anciens amis colombiens. Et surtout les périodes de vacances lui permettent de découvrir un pays fantastique « où il y a le Pacifique et les Caraïbes, l’Amazonie et les Andes » qu’il découvre en bus dès qu’il le peut.

Et le retour ?

Mickaël DEPOIX est attaché territorial de la ville d’Épernay lorsqu’il repart pour la Colombie en 2020. Et comme cette fois il a un contrat de travail, il peut bénéficier de l’avancement sur sa carrière, ce qui est un souci de moins pour le retour. Les relations avec la ville sont assez sibyllines : « j’envoie chaque année ma demande de disponibilité pour un an, dans les délais et je reçois l’arrêté. C’est tout ». Et comme l’organigramme a changé ces derniers temps, les contacts avec les différentes directions s’éteignent. De ce fait Mickaël DEPOIX pense chercher un poste ailleurs à la fin de son contrat en 2023. Par rapport à la règle des deux disponibilités de 5 ans, il lui restera deux années pour chercher un poste dans une structure qui s’occupe des relations internationales en Amérique latine : « le mieux serait d’intégrer le réseau français par la Transparence ».

Il est aussi attentif aux postes de responsable Relations internationales dans les collectivités françaises.

Son conseil

Mickaël DEPOIX est parti deux fois, d’une durée entre 12 et 18 mois à chaque fois avant sa dernière expatriation. Pour se préparer, il lit beaucoup, et essentiellement des livres qui traitent du pays visé. Pour l’Inde et le Népal, il dévore Shantaram de Gregory David Roberts. Pour l’Amérique latine, il conseille Luis Sepulveda (écrivant chilien).

Autre point essentiel : les assurances : « J’ai eu des situations « galère » et on peut rapidement se retrouver en difficulté ».

Sa nouvelle expérience colombienne a convaincu Mickaël DEPOIX qu’il est vraiment important de maîtriser la langue locale pour pouvoir discuter sur le fond avec les habitants et ainsi tisser de vraies relations.

Mais pour Mickaël DEPOIX, c’est le retour qui peut être difficile, en termes de réadaptation (notamment après son tour du monde). Pour la seconde disponibilité, il a vraiment préparé ce retour. Pour lui « le retour se prépare avant de partir ».

 

 

Fiche rédigée par Yannick LECHEVALLIER

https://www.linkedin.com/in/yannick-lechevallier-23059819/

Mai 2020

MàJ en Aout 2022


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