Juliette COULIBALY PARADIS a obtenu un DESS d’urbanisme opérationnel « Ville en Projet », option aménagement et projet urbain au sein de l’Université Michel de Montaigne (Bordeaux 3) en 2003.
Elle débute à la ville de Bondy au Service de l’Urbanisme en 2003 puis elle rejoint la Ville de Montreuil en septembre 2003 comme Pilote du projet urbain des abords du Tramway T1 et chargée des ZAC. Elle passe parallèlement le concours d’Ingénieur territorial qu’elle obtient en janvier 2004.
De décembre 2007 à juillet 2009, elle prend une première « disponibilité pour convenance personnelle » pour un poste de Directrice adjointe de l’École Supérieure d’Ingénierie d’Architecture et d’Urbanisme, à Bamako, au Mali.
Avant son retour, dès mai 2009, elle apprend par le bouche à oreilles la création d’un poste d’ETI. Elle postule alors en ligne sur le site du MAE et en informe aussi directement l’Ambassade de France à Bamako. Elle doit toutefois revenir sur Montreuil pour quelques mois.
En effet, en septembre 2009, elle passe les entretiens, est retenue fin novembre et, le temps de réaliser toutes les démarches (administratives, médicales, …) elle repart au Mali en mars 2010. Elle est alors en détachement de la ville de Montreuil.
Elle est engagée comme Expert Technique International, urbaniste auprès du District de Bamako
en tant que Conseillère à la Gouvernance Urbaine du Gouverneur et Maire de Bamako.
Après les évènements du coup d’État en 2012 et les nouvelles élections de 2013, Juliette COULIBALY PARADIS se voit proposer de rejoindre le cabinet du Ministre du Foncier comme « conseillère technique du Ministre des domaines de l’État et des affaires foncières du Mali, chargée de la réforme de la gestion foncière visant l’instauration du cadastre ».
Elle reste en poste auprès du ministre du Foncier durant 3 années mais régulièrement appelée par le cabinet du premier ministre , elle termine son expatriation durant un an au sein de la Primature du Mali.
Elle rentre en France en aout 2017.
Le fonctionnement sur place
En termes de contrat de travail, pour sa première expatriation, en autonomie, Juliette COULIBALY PARADIS est alors au Mali sur un contrat de droit local malien.
En 2010, lorsqu’elle part au Mali pour le MEAE, elle est sous contrat ETI (alors gérée par le MAE) pour 2 ans puis renouvelée deux fois 1 an.
Juliette COULIBALY PARADIS est au Mali en 2012 au moment du coup d’État. Elle fait partie de la vingtaine d’ETI présents au Mali qui doivent normalement être rapatriés. Mais plutôt que de rentrer, elle postule sur un poste à Conakry, en Guinée. Toutefois, les tensions s’apaisent, les ETI restent pour parti en poste.
En 2014, Juliette COULIBALY PARADIS signe avec le MAE une nouvelle mission toujours au Mali sur un poste d’ETI conseiller du Ministre des Affaires Foncières. Sa mission auprès du Ministre se traduit par un contrat de 2 ans. Ce contrat est prolongé d’abord d’un an auprès du cabinet du ministre., puis d’un an auprès du premier Ministre.
les relations avec la collectivité en France
« Montreuil, ils ont été parfaits »
Pour la première disponibilité, la ville de Montreuil a remplacé Juliette COULIBALY PARADIS en embauchant une personne pour un CDD de 8 mois + 12 mois mois. Montreuil étant une ville très engagée à l’international, notamment sur le Mali, les Ressources Humaines ont regardé cette expérience d’un regard favorable. En revenant, elle reprend alors son poste.
Lors du basculement de mission en 2014, entre le district et le ministère, il y a eu un temps sans possibilité de contrat avec le MAE (3 mois). La ville de Montreuil a alors été très réactive et facilitante pour le passage du statut de détachement au statut de mise en disponibilité et à nouveau au détachement trois mois plus tard. Les premiers contrats (2 ans + 1 an + 1 an) ont été possible sous statut de détachement, puis après 3 mois de disponibilité, à nouveau sous statut de détachement pour un contrat d’ETI de 2 ans, puis 9 mois pour le Ministère.
Sans doute que la ville de Montreuil voyait d’un bon œil la présence d’une territoriale de la ville, expatriée dans les Ministères du Mali, voire considérait cela comme un atout au service de leur politique internationale. Ainsi, à plusieurs reprises, Juliette COULIBALY PARADIS est invitée lors des missions des différents Maires de Montreuil à Bamako.
Par ailleurs, du fait aussi de cet engagement de la ville, et de ses relations professionnelles personnelles, Juliette COULIBALY PARADIS gardera des relations assez étroites avec son ancien service à Montreuil.
Et après ?
Pour la première disponibilité, la ville de Montreuil voit cette expérience d’un regard favorable. En revenant (après 20 mois), Juliette COULIBALY PARADIS reprend alors son poste.
C’est au retour des huit ans d’expatriation que la réalité va être plus dure.
Durant cette seconde expatriation, Juliette COULIBALY PARADIS a réussi à avoir une grande confiance des partenaires et elle a pu gérer des missions très stratégiques, avec beaucoup de délégation, jusqu’au plus haut niveau de l’État malien. Elle a donc appris énormément dans la gestion de projets de grande ampleur.
Mais toute cette expérience n’est ni reconnue au plan statutaire ni dans les contrats proposés par les collectivités dans lesquelles elle postule.
Au plan statutaire tout d’abord, sa carrière s’est arrêtée en 2009. Elle a grimpé les échelons « à la vitesse d’un escargot » juste par l’ancienneté, alors même que ses collègues de l’époque, restés en poste en collectivités, ont logiquement gravi les échelons de responsabilités et salariaux beaucoup plus rapidement.
Pour éviter de se retrouver au même poste qu’en 2009 à Montreuil, et après avoir fait un bilan de compétences à Bamako pour préparer son retour en France, Juliette COULIBALY PARADIS a demandé sa mutation avant même de rentrer. Elle est alors recrutée à Nanterre (sans même prendre un mois à son retour, pour se poser, prendre le temps de chercher le meilleur poste possible en acceptant une période sans salaire, ce qui aurait pu être une option, etc…).
Ce nouveau poste fait l’effet d’une « grosse claque », financièrement et sur le plan des responsabilités. Après avoir travaillé à la primature du Mali, sans reconnaissance de ses capacités, Juliette COULIBALY PARADIS s’ennuie et quitte rapidement Nanterre.
Elle a rejoint aujourd’hui la SPL Le Bourget-Grand Paris en tant que Cheffe de projet JOP 2024 non sans mal (demande de détachement pour la SPL Le Bourget Grand Paris sur les JOP 2024, refusée par Nanterre en avril 2018 et acceptation d’une disponibilité pour y partir néanmoins en mai 2018)
Les enjeux personnels
Pour le MAE, Juliette COULIBALY PARADIS étant Fonctionnaire territoriale, elle retrouvait un poste au retour d’expatriation. Elle n’a donc reçu aucun appui au retour de la part du MAE, aucune forme d’aide pour « vendre » son expertise.
Mais au final, malgré les huit années passionnantes et formatrices au Mali, elle se rend compte dans ses différentes recherches de postes qu’au sein des collectivités locales, les compétences qu’elle a pu développer et ce qu’elle peut apporter à son service, ne sont pas valorisables automatiquement.
Elle reconnait aussi que, sans appui, elle n’a pas su vendre tout de suite son expérience à sa juste valeur.
Son conseil
Pour le départ avec le MAE, « le fait que j’ai été fonctionnaire territorial a été un atout pour mon recrutement, et cela l’aurait été également pour Expertise France. De plus j’étais assez jeune, une femme, et je connaissais déjà le pays où j’allais être missionnée, et j’étais urbaniste ce qui correspondait précisément à la lettre de mission. »
Autre point important : il faut être très vigilant pour respecter les délais d’information de la collectivité vis-à-vis des dates de retour ou de prolongation pour les disponibilités ou les détachements.