Françoise COUESPEL


DisponibilitéRevenu.e dans sa collectivitéDe un an à moins de deux ansPrivéTogo

Françoise COUESPEL a 53 ans. Après 17 années dans le privé et 15 ans dans la fonction publique territoriale, Françoise COUESPEL a entamé une troisième vie professionnelle au Togo en 2020. Elle a alors quitté son poste à la Métropole d’Aix-Marseille-Provence sans avoir réellement de perspectives pérennes au Togo mais avec le projet de participer aux actions de développement local grâce à son expérience d’ingénieur à la fois dans les secteurs privés et dans la fonction publique territoriale. Elle travaillera notamment dans une grande entreprise privée des Télécoms.
En 2022, toutefois, des évènements familiaux l’obligent à revenir en France.

Françoise COUESPEL a 53 ans. Après 17 années dans le privé et 15 ans dans la fonction publique territoriale, Françoise COUESPEL a entamé une troisième vie professionnelle au Togo en 2020. Elle a alors quitté son poste à la Métropole d’Aix-Marseille-Provence sans avoir réellement de perspectives pérennes au Togo mais avec le projet de participer aux actions de développement local grâce à son expérience d’ingénieur à la fois dans les secteurs privés et dans la fonction publique territoriale. Elle travaillera notamment dans une grande entreprise privée des Télécoms.

En 2022, toutefois, des évènements familiaux l’obligent à revenir en France.

Son parcours

Françoise COUESPEL est d’Aix en Provence où elle passe son Bac. Après un DUT en génie électrique-électronique, elle entame une carrière dans le secteur privé. Elle commence sa carrière à France 2 à Paris puis de retour à Marseille, dans diverses entreprises comme technicienne informatique, technicienne audiovisuelle et télécommunications. Sur son dernier poste dans le secteur privé, elle participe activement au groupe de travail pour la mise en œuvre d’Internet sur le réseau câblé de vidéocommunication à Marseille, une première technique en France, en même temps que Paris, projet mené en coordination avec France Télécom.

Puis elle retourne sur les bancs universitaires après une validation des acquis de l’expérience (VAE) lui permettant de suivre directement les cours de 5ème année d’études universitaires. Inscrite à l’Université d’Aix Marseille, elle sort major de promo pour son DESS « Réseaux Télécom et Vidéocommunication ». Après deux années comme consultante freelance sur les « courants porteurs en ligne », elle réussit le concours externe d’ingénieur territorial en 2005.

Elle entame alors une seconde vie professionnelle : elle intègre d’abord la commune de la Seyne sur Mer comme responsable du Service « Éclairage public et signalisation tricolore », où elle renforce son expérience en management d’équipes, de services et de projets. Après 3 années, elle change de collectivité et intègre la Métropole Aix-Marseille-Provence. Elle y restera 13 années d’abord en responsabilité au sein de services techniques, énergie et bâtiments publics, puis en achat public, terminant au poste de chef de mission « coopération avec les communes ». Elle travaille notamment sur le sujet de la mutualisation des achats entre collectivités sur l’ensemble du territoire

Au cours de ces 15 années, elle est membre de l’AITF – association des ingénieurs territoriaux de France- et active au sein du bureau régional mais sans profiter réellement de l’activité internationale de l’association.

L’international, et le Togo plus particulièrement, Françoise COUESPEL le découvre en 2012 à l’occasion d’un voyage solidaire dans le cadre d’un engagement associatif pour une association humanitaire -Garlaban Togo (https://www.assogarlabantogo.fr/)-. C’est le coup de cœur.

En 2019, alors que ses enfants ont pris leur envol, et lors d’une mission sur place pour l’association, Françoise COUESPEL décide de partir définitivement au Togo.

Ses premiers plans sont retardés en 2020 par la pandémie COVID, son voyage programmé en mars 2020 est annulé pour cause de fermeture des frontières. Elle en profite toutefois pour peaufiner son projet : elle postule sur Transparence, sans retour sur sa candidature. Son CV ne semble pas non plus intéresser Expertise France. Sans doute pas assez d’expériences à l’international. Elle travaille toutefois pendant plusieurs mois à se créer un réseau professionnel au Togo via LinkedIn. Dès la réouverture des frontières en août 2020, elle s’envole pour Lomé pour un séjour de quatre semaines où elle rencontre concrètement les acteurs contactés à distance et distribue son CV.

Côté professionnel elle participe pendant le premier confinement à la cellule de crise montée par la Métropole , dans le cadre de l’approvisionnement des équipements de protection pour les agents, et de l’opération de création d’une unité de production industrielle de masques de protection en tissu.

En septembre elle complète sa formation en suivant une session d’une semaine à Bioforce sur « Concevoir et piloter un projet humanitaire », financée dans le cadre du Congé Individuel de Formation.

Ses nombreuses recherches et prises de contacts lui font comprendre que pour pouvoir intégrer des réseaux d’experts techniques et être recrutée, il lui faut de « l’expérience internationale ». Plutôt que d’attendre un hypothétique recrutement, elle choisit de rejoindre différentes ONG techniques pour mener en tant que bénévole, ses premières missions sur place. Elle propose ainsi ses services à ESF – Électriciens Sans Frontières – et rentre au conseil d’administration de l’ONG SEVES (Systèmes Économiquement Viables pour l’Eau au Sud). Elle enrichira de cette manière son CV.

Le fonctionnement sur place

Avant de repartir, Françoise COUESPEL est contactée par Électriciens Sans Frontières pour intégrer le groupe projet d’une mission au Togo. Ainsi, quand elle arrive à Lomé en décembre 2020, avec sa préparation au départ, elle mène ses premières missions pour Électriciens sans Frontières (ESF) ainsi que pour l’association Garlaban Togo. Ces missions l’amènent à se déplacer sur différents terrains (Missahomé, Zavé (Gléï), Adgengré, Hezoudé (Tchébébé), Mango notamment.

Elle rencontre également sur place les responsables du bureau local de France Volontaires pour proposer ses services bénévoles si besoin.

Par ces activités bénévoles, Françoise COUESPEL a tissé un contact avec un directeur d’École d’ingénieurs, intéressé par la mise en place d’une filière « ingénieur territorial ». Elle pensait obtenir un contrat salarié de quelques mois sur ce sujet mais l’école préfère un contrat de conseil. Elle se lance rapidement dans les démarches pour obtenir le statut d’auto-entrepreneur au Togo pour pouvoir effectuer cette première mission : en une semaine elle constitue son dossier pour créer son entreprise.

Mais il lui faut 3 mois pour réunir la vingtaine d’attestations nécessaire au dossier pour obtenir sa carte de séjour lui permettant de travailler (elle n’avait qu’un visa de tourisme). Beaucoup d’énergie et de temps passé mais cela était nécessaire et en valait la peine!

A la fin de ce contrat de consultance, elle est contactée par un grand groupe togolais qui a eu son CV entre les mains : finalement son parcours et son dynamisme intéressent le milieu économique privé et on lui propose en avril 2021 un poste de Directrice Déléguée dans une PME du Digital au sein du groupe, poste qu’elle tiendra jusqu’à son retour en France à l’été 2022. Elle se retrouve à gérer la recherche de partenariats commerciaux et techniques pour différents projets innovants dans le domaine des Télécoms et du digital, créer toute la partie communication digitale pour l’ensemble des entreprises (développement de sites et comptes réseaux sociaux) et participe au projet de digitalisation des process du groupe.

C’est une expérience très enrichissante pour François Couespel, pour mieux comprendre notamment les liens commerciaux entre la France et l’Afrique (elle réussit à faire signer un contrat attendu depuis plusieurs mois par le groupe).

Les enjeux personnels

Sur le plan personnel, Françoise COUESPEL est partie avec peu de contraintes familiales. Ses enfants sont désormais autonomes. Au Togo elle est attendue et accueillie et n’a pas à chercher de logement. Toutefois son expérience lors d’un déménagement ainsi que celles d’autres expatriés rencontrés depuis, lui montre que cet aspect n’est pas une difficulté sur place : beaucoup d’appartements ou maisons sont libres à la location, avec des loyers à des niveaux corrects, et les démarcheurs locaux sont efficaces pour accompagner les recherches au plus près des besoins de chacun.

Le seul point délicat a été l’éloignement d’avec ses parents. Mais les avancées de la visioconférence et le retour des échanges épistolaires compensent un peu cela désormais.

Dès son arrivée début décembre, elle engage à la fois les démarches personnelles, les premières missions pour les ONG et pour l’école d’ingénieurs. Les 4 premiers mois sont durs car elle doit mener à la fois, les démarches administratives, son installation et les différentes missions.

Mais elle avait tout de même anticipé certaines démarches sur place lors d’un voyage en août, comme la demande et l’obtention du permis de travail, reçu dans le mois suivant.

Sa demande de disponibilité pour convenance personnelle a été bien reçue au sein de la Métropole. Elle s’ouvre à sa direction de son souhait de partir au Togo, dès fin 2019. Elle est surprise alors de voir que de nombreux collègues ont des liens personnels avec l’Afrique : untel est aussi engagé dans une association humanitaire engagée au Bénin, unetelle a un frère au Sénégal, une autre a vécu en Afrique, une autre est passionnée par ce continent, deux autres ont de la famille au Togo….

La démarche est donc assez bien reçue. Au-delà, de nombreuses personnes viennent vers elle pour échanger, prodiguer quelques conseils ou lui proposer des contacts sur place ou certaines idées et partager quelques réflexions.

Françoise COUESPEL est partie ne sachant toutefois pas si elle trouverait une activité professionnelle rapidement. Elle s’est constitué un budget pour 6 mois. S’appuyant sur le statut de territorial, elle a dans un premier temps posé une disponibilité pour 3 mois. Puis un mois avant, avec un peu plus de visibilité, elle a sollicité une nouvelle disponibilité mais cette fois pour 6 mois. A l’été 2021, elle a ensuite déposé une demande d’une durée de deux années supplémentaires, soit jusqu’en septembre 2023.

Dans les faits, elle a eu de la chance d’avoir une activité professionnelle sans coupure quasiment dès son arrivée.

Sur le plan administratif, elle a comparé plusieurs assurances et a opté pour la CFE (Caisse des Français de l’Étranger). Le coût est élevé, notamment pour une personne de plus de 50 ans ! Au plan fiscal, elle a juste prévenu le centre des impôts en France de son départ. Au Togo cependant, pour avoir le quitus fiscal et social, il lui faut payer dès son arrivée.

Et après ? Le Retour

Françoise COUESPEL avait comme projet initial une installation pérenne sur le continent africain, avec une idée d’ouverture vers d’autres pays de la sous-région.

Cependant, à la suite d’un souci de santé du côté de sa famille, elle décide à l’été 2022 de rentrer travailler en France pour se rapprocher du cercle familial et bouleverse donc tout son projet, et doit annoncer à son employeur sa décision. Elle prend tout d’abord différents contacts officieux par mél et téléphones avec ses anciens collègues et la direction RH qui lui expliquent d’une part la procédure (elle doit faire une demande officielle deux mois avant la date de réintégration anticipée souhaitée). Mais elle apprend aussi qu’au niveau de la Métropole, les réorganisations en cours font que son poste a été supprimé : « concrètement au niveau de la Métropole, en retour de disponibilité, on n’est pas attendu », surtout pour les postes à responsabilité pour lesquels l’employeur diminue le nombre.

De plus, son « expérience africaine » n’est pas comprise par les RH « ce que j’ai fait ne les intéresse pas ».

Elle se met donc dès l’été en quête de nouvelles pistes cette fois ci en France et plutôt dans sa Provence: privé, public, entreprenariat, elle étudie et réfléchit à plusieurs projets et se donne un petit temps de réflexion pour digérer cette expérience et tenter d’en valoriser les atouts.

Elle s’appuie pour cela aussi sur différentes formations par webinaires auprès de l’APEC, notamment pour réfléchir à créer son activité.

Son conseil

Françoise COUESPEL avait beaucoup imaginé, beaucoup préparé son départ. Mais elle sait aussi qu’il faut se prémunir des certitudes. Et elle se laisse ainsi surprendre et vit pleinement son expérience. Notamment elle découvre que malgré le français en partage, il est parfois difficile de se comprendre avec ses interlocuteurs locaux

En aout 2020 à son retour de la mission de quelques semaines, avec les multiples contacts pris, elle rentre, sûre de son projet : « je suis ingénieure territoriale, je vais participer à l’appui au développement des communes au Togo, le besoin est là». Après 3 mois, elle a dû revoir ses ambitions. Elle a trouvé un milieu de l’appui public très fermé, trusté au Togo par la GIZ pour la décentralisation et sans réelle perspective avec les institutionnels français.

De nombreuses prises de contact avec les cellules de recrutement du MEAE et d’Expertise France en janvier 2022 lui confirment que son profil est intéressant, mais qu’il faut à tout prix se faire connaître du réseau pour rassurer les futurs recruteurs.

Finalement son profil aura intéressé le secteur de la formation et le secteur privé.

Bien sûr, pour elle « l’expatriation Tapis Rouge » c’est-à-dire partir avec un contrat signé aurait été plus confortable… Avec ses quelques mois de recul, en fait, elle conseille aux personnes qui veulent partir mais qui n’ont pas de « tapis rouge » de sauter le pas mais de prendre le temps ensuite dans le pays pour s’imprégner et identifier certains mécanismes avant de réellement travailler. Tout mener de front dès son arrivée quand on n’a pas de contrat peut vite faire perdre pied si on est mal préparé, ce qui n’était heureusement pas son cas…

Dans tous les cas, il faut oublier nos codes, tout mettre en œuvre pour comprendre les codes locaux et accepter avec humilité les nouvelles manières de faire, rester ouvert à tout ce qui se présente. Ce sont les nouvelles rencontres et l’apprentissage d’un nouveau pays et d’une nouvelle culture qui font la richesse de l’expérience.

 

Fiche rédigée par Yannick LECHEVALLIER

https://www.linkedin.com/in/yannick-lechevallier-23059819/

Mars 2021

Mise à jour Août 2021


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