Son parcours
Francis GEORGE a débuté sa carrière en 1983 comme directeur général des services en Moselle, à SAULNY puis à MARLY. Au cours de ces années, il développe des compétences spécifiques en finances publiques et en droit budgétaire. En 1988, il obtient le master « Administration locale » sous la houlette de Pierre FERRARI (Professeur des universités, recteur d’académie de Corse, Adjoint au Maire de Metz et vice-Président du Conseil régional de Lorraine). Dans les années 1990, il intègre le CNFPT au sein de la délégation Alsace-Moselle (aujourd’hui Grand-Est). En 1995 et en 1996, il participe à deux missions en Ouzbékistan pour le compte de l’Union Européenne ; devenu indépendant, ce pays souhaitait former ses fonctionnaires locaux à la décentralisation et aux modes de gestion des services public locaux en Europe occidentale.
De 1998 à 2000, il rejoint l’équipe nationale des formateurs du ministère de l’Economie constituée pour assurer la transition du Franc à l’Euro. Spécialiste de l’instruction budgétaire et comptable M14, il est ensuite recruté par la ville de Marseille (Ville et intercommunalité – 7 budgets annexes) comme Directeur de la cellule du contrôle budgétaire ; il y restera 3 années.
En 2003, il réintègre le CNFPT pour prendre la direction du pôle individualisation de la délégation Provence Alpes Côte-d’Azur. Il y réforme le dispositif des préparations aux concours et conçoit le nouveau dispositif des formations statutaires (12000 stagiaires par an). En 2011, il intègre le centre de formation interne du CNFPT au niveau national. Les nombreux déplacements que cette affectation implique lui donnent l’occasion d’écrire trois romans policiers dont l’un des thèmes majeurs porte sur le lien entre les complexités des environnements professionnels, la gestion des compétences et le mal-être au travail.
Officier de réserve depuis 1985 et diplômé de l’école d’état-major, il commande une compagnie d’infanterie de réserve de 2001 à 2003 (Fin de la conscription et montée en puissance des réservistes opérationnels à 450.000 hommes). De 2005 à 2019, il est recruté comme officier traitant au sein du 1er Régiment étranger (Commandement de la Légion étrangère à Aubagne). Il y forme avec succès les candidats aux concours internes à Saint-Cyr. En 2017, il est recruté pour assurer une mission en qualité de chef de cabinet du commandant des Forces Françaises en Côte-d’Ivoire (FFCI – Opération Barkhane). Il a pour rôle d’assurer une interface entre son état-major interarmées (EMIA FFCI), les ambassades, les autorités militaires et civiles ivoiriennes. Dans ce cadre, il noue des liens confraternels avec quelques fonctionnaires locaux des communes de la République de Côte-d’Ivoire, des dirigeants de cabinets de conseils, d’audits et de formation. Il s’y remariera avec une ressortissante ivoirienne en 2018.
A l’issue de cette mission, il retrouvera son poste au sein du centre de formation interne du CNFPT. Il y restera en poste jusqu’à sa retraite au 1er décembre 2025. Ses contacts en Côte-d’Ivoire l’ont déjà sollicité pour concevoir et mettre en œuvre un dispositif de formation à la réforme monétaire prévue en 2027 (projet de substitution de l’éco au franc CFA dans les pays de la CEDAO) et former leurs cadres à l’ingénierie de compétences (niveaux stratégique, opérationnel et individuel).
Le départ et le fonctionnement sur place
Dans les années 2010 et après sa mission en Ouzbékistan, Francis GEORGE souhaitait retrouver une expérience à l’étranger. Il n’avait alors plus aucune relation avec le service des Relations Internationales du CNFPT.
Lorsqu’il prend connaissance de l’avis de recrutement du ministère des Armées pour une mission en en République de Côte d’Ivoire, il en parle immédiatement à sa hiérarchie. Il lui faut alors négocier de manière convaincante le détachement requis. Il n’est pas remplacé durant son absence et doit préparer en amont cette absence de quelques mois ; il restera donc disponible tout au long de son séjour en Côte d’Ivoire pour différents échanges avec ses collègues durant cette mission (double charge de travail).
Sur le plan administratif, il ne rencontre pas de difficultés particulières : « L’arrêté est rapidement pris et je suis détaché au ministère des Armées ».
Au cours de sa mission, Francis GEORGE sera en charge des nombreuses manifestations officielles, notamment à Port Bouët, commune siège des Forces Françaises en Côte-d’Ivoire. Au cœur du protocole, il entretiendra des contacts avec de multiples acteurs institutionnels locaux. La mission restera toutefois compliquée : « les Armées aiment peu voir arriver des réservistes en OPEX ». Il faut alors savoir supporter la pression et la mise en doute de vos compétences. « Il ne faut pas hésiter alors à rappeler les méthodes acquises et montrer qu’on maitrise le sujet ».
Par ailleurs, il doit diriger une équipe mixte (Militaires français des trois Armées et personnels de recrutement local – PCRL) : « Nous avions du personnel ivoirien. Il faut alors être très attentif aux points de vue, aux postures culturelles locales pour éviter les impairs. Ainsi, convenait-il d’être attentionné aux difficultés du quotidien (un enfant malade, un drame familial, des difficultés financières etc…). Une fois la confiance acquise, elle facilite grandement les changements attendus ».
Les enjeux personnels
Durant cette mission, Francis GEORGE se liera d’amitié avec le secrétaire général adjoint de la mairie de Port Bouët. « Après les cérémonies officielles, nous nous retrouvions dans un Maki (Restaurant local) pour parler de décentralisation, gestion locale et formation ; de pair à pair ». Il l’accompagnera ensuite avec succès dans sa préparation au concours d’administrateur civil au ministère de l’Intérieur ivoirien.
Sur le plan familial, cette expatriation est assez simple : « Je suis alors célibataire depuis 20 ans et mon fils a 33 ans ; il travaille à Barcelone ». Au cours de son séjour en Côte d’Ivoire, il rencontrera sa future femme lors des cérémonies du 14 juillet qu’il organise. « Elle fut mon guide dans ce merveilleux pays et nous nous sommes mariés quelques mois plus tard ». Son témoin de mariage à l’hôtel de ville de Port-Bouët fût son ami, secrétaire général adjoint de la mairie.
Ce séjour lui a permis de tisser des liens de confiance avec des dirigeants économiques locaux pour qui il conçoit, en partenariat, des modules de formations. Quelques mois avant son départ en retraite, il vient d’acquérir un terrain à proximité d’Abidjan ; une emprise foncière sur laquelle il entend construire une habitation écoresponsable.
Et le retour ?
De retour en France, Francis GEORGE reprend immédiatement son poste laissé quelques mois avant. Au sein du CNFPT, il a quelques échanges avec ses collègues, notamment sur ses actions en Côte d’Ivoire. Il a ensuite recontacté le service des Relations Internationales du CNFPT pour être présenté à Expertise France mais sans réel succès. « Finalement, je quitte l’institution sans travailler pour elle à l’International. J’ai aujourd’hui des contacts dans différents cabinets d’audit à Abidjan ; ils me demandent de développer des programmes de formation ».
Son conseil
Au cours de ses différentes interventions depuis 2017, Francis GEORGE n’a eu en définitive que peu de contacts avec l’équipe France en Côte d’Ivoire, une équipe peu coordonnée qui lui parait peu ouverte sur le quotidien des Africains. Selon lui, cela explique grandement le déclin de la France sur ce continent. « C’est par les contacts personnels que l’on peut concrètement démontrer ses compétences ; au 21ème siècle, mieux vaut modestement embrasser large que viser haut ».
Entretien réalisé par Yannick Lechevallier
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