Julie DUSSEAUX a commencé sa carrière dans les collectivités, en 2009 en débutant à Bussy Saint Georges après une formation en khâgne puis à Sciences Po Lille où elle obtient un Master en Administrations publiques, Relations et affaires internationales.
En 2011, elle intègre la Ville d’Ivry sur Seine au sein de la direction jeunesse puis en tant que Responsable des Relations Internationales. Elle y reste 5 ans et 9 mois. Elle s’occupe notamment des coopérations avec l’Allemagne, l’Algérie, Cuba, le Mali, la Palestine (https://www.ivry94.fr/281/jumelages-et-cooperations.htm) et organise de nombreuses animations locales.
En 2016, elle rejoint le Cabinet du Maire de Saint Denis, toujours comme chargée des Relations Internationales. Là encore, elle gère de nombreuses relations avec des villes à l’international, notamment en Palestine. Placée au sein du Cabinet, elle a de nombreuses relations avec les élus et ses missions nécessitent une fine connaissance politique et la maitrise aussi du devoir de réserve.
Ces qualités, ainsi qu’un bon ancrage dans certains réseaux de collectivités – notamment engagées en Palestine -, vont être importantes pour son recrutement au poste actuel.
Ainsi, après 2 années à Saint Denis, l’opportunité d’un départ dans le réseau du MEAE se présente.
La coopération décentralisée franco-palestinienne est importante : près d’une centaine de relations. En raison de l’importance accordée au renforcement du développement local, le Consul ouvre un poste d’expatriée, recherchant un profil territorial, bien ancré dans les réseaux de collectivités.
Au cours d’une mission avec le Maire de Saint Denis en Palestine, Julie DUSSEAUX rencontre sa prédécesseuse en contrat local qui lui annonce son départ. Elle saisit cette opportunité et candidate. Le recrutement va s’effectuer très rapidement (elle convient au profil recherché) et quatre mois après sa candidature, elle atterrit à Jérusalem pour prendre son poste en octobre2018.
Le fonctionnement sur place
Julie DUSSEAUX intègre donc le Consulat Général de France à Jérusalem. Elle découvre une autre culture professionnelle et administrative : notamment quittant le Cabinet du Maire où elle était « en direct » avec le Maire, elle doit s’habituer au MEAE à un fonctionnement plus hiérarchisé. Elle est surprise (positivement) du temps qui lui est laissé pour s’adapter, notamment de bien saisir le contexte géopolitique très complexe. Sa hiérarchie est présente et l’accompagne dans les différents projets.
Par ailleurs, la France n’est pas la seule à coopérer localement : « cela m’a pris un an pour mieux comprendre le système de l’aide internationale en Palestine ». Il faut être curieux « faire l’effort systématique de comprendre les situations et jeux d’acteurs ».
Sur son activité, les projets rencontrent de nombreux obstacles et le Consulat doit déployer beaucoup d’énergie pour faire avancer les coopérations. Par ailleurs, le volume de dossiers est important : 87 partenariats actifs à suivre quotidiennement. Pour tout cela, elle s’appuie sur son réseau professionnel développé durant 10 ans dans ses postes précédents.
Mais Julie DUSSEAUX rappelle : « on est en représentation » et « il faut donc veiller à exprimer la position française et mesurer l’importance du devoir de réserve dans un contexte sensible». Malgré la situation, elle est en mission quasiment tous les jours, dans les mairies palestiniennes et recommande de maintenir la rencontre en présentiel, à entretenir la parole échangée.
Durant la première année, avant la crise sanitaire, elle se déplaçait systématiquement avec les nombreuses délégations françaises.
Elle a impulsé de nouveaux projets : « je suis très attentives aux postures et à la valorisation de l’expérience partagée » : ainsi pour éviter des coopérations trop « descendantes », elle recommande par exemple toujours des formations croisées avec un intervenant français et un intervenant palestinien.
Les enjeux personnels
Le recrutement a été très rapide et Julie DUSSEAUX a du réaliser l’ensemble des démarches en trois mois (deux fois moins de temps qu’habituellement pour un départ au sein du réseau). Elle est très bien accompagnée par l’administration du MEAE
Personnellement, Julie DUSSEAUX est partie célibataire. Elle trouve auprès de l’équipe du Consulat un fort soutien dès avant son départ. On la conseille sur la recherche de logement puis des collègues organisent son arrivée depuis l’aéroport. Il y a un fort esprit d’équipe ce qui facilite l’intégration.
Par ailleurs, du fait des profils de chacun, il y a une culture du dialogue très développée. Elle s’installe dans un premier temps en collocation avec une VI (Volontaire internationale) du Consulat puis cherche à se loger à Jérusalem-Est. En trois années elle a changé à quatre reprises de logement : « L’expatriation est une parenthèse – je suis donc partie avec deux valises et suis libre de bouger ».
Vis-à-vis de sa collectivité d’attache (Saint Denis – 93), sa hiérarchie a été à l’écoute de sa demande. Même si elle quittait un poste de cabinet, sa demande (un peu précipitée du fait du calendrier de recrutement) a été accordée immédiatement.
Dans le suivi de sa carrière, c’est toutefois sa gestionnaire au MEAE qui lui a recommandé de contacter la ville pour suivre son avancement automatique d’échelon (cela ne se faisait pas automatiquement par sa direction RH).
Il s’agit d’un poste singulier sur le plan de la sécurité (Gaza est notamment en zone rouge pour le MEAE) et les agents reçoivent des consignes de déplacement et de logement précises.
Julie DUSSEAUX s’est inscrite à des cours d’arabe (qu’elle ne parlait pas avant son départ – l’essentiel des échanges se faisant en anglais). Curieuse, elle sort des milieux expatriés et rencontre des cercles variés.
Au plan de la santé, Julie DUSSEAUX « recommande la mutuelle du MEAE. Essentielle ! ». En effet, le système de santé local est très cher.
Et après ? Le Retour
Julie DUSSEAUX ressent cette expérience professionnelle comme extrêmement riche. Elle côtoie des professionnels de très nombreux domaines et pense qu’à son retour, même si elle souhaite continuer dans l’animation des Relations internationales, ces liens lui permettront de mieux dialoguer avec d’autres services.
Son conseil
Cette expatriation n’était a priori pas activement recherchée par Julie DUSSEAUX. C’est une opportunité qui s’est présentée et elle ne regrette vraiment pas : « c’est une expérience très enrichissante que je conseille vraiment ».
Ne pas vivre trop tôt une expérience d’expatriation pour pouvoir avoir un bagage professionnel qui permet d’avoir une vraie plus-value dans son poste mais aussi pour mieux appréhender les expériences vécues.
Elle recommande vraiment d’être curieux et de chercher à rencontrer les personnes localement tout en restant à sa place (« ne pas oublier qu’on travaille au sein d’un réseau diplomatique » ).
Fiche rédigée par Yannick LECHEVALLIER
https://www.linkedin.com/in/yannick-lechevallier-23059819/
Mai 2021